12 Mars 2010Le 5 à 7 du vendredi
C'est le temps de notre traditionnel 5 à 7 du vendredi, et avec les 4 victoires consécutives des p'tits glorieux, ça donne le goût de se mettre au hockey après cette dure semaine de labeur. D'ailleurs, comme vous pouvez le constater dans cet article du Globe and Mail, il y a des chanceux qui ont réussi à convaincre leur employeur d'installer sur les lieux de travail, une patinoire! Le rêve.
Mais attention à la bière d'après-match. Trop, et c'est mauvais pour les systèmes d'aqueduc. La preuve: ci-dessous, un graphique représentant la consommation d'eau du réseau d'aqueduc de la ville d'Edmonton lors de la présentation du match pour la finale du tournoi olympique de hockey. Chaque fin de période coïncide avec une vague de chasses d'eau de trop-plein de bière. Flush! 12 Mars 2010Le gouvernement a-t-il peur de la FTQ?![]() Un digne représentant de la FTQ-Construction Le gouvernement a-t-il peur de la FTQ? Comme on dit, poser la question, c'est un peut-être y répondre un peu, beaucoup. Mercredi, j'appelais le ministre du Travail, Sam Hamad, à répondre à la demande de la CSN et du Conseil du patronat, de revoir le système de placement des travailleurs orchestré par les syndicats. Un peu partout en entrevue, le ministre a servi comme réponse passe-partout: je vais regarder ça. Pourtant, l'un de ses prédécesseurs, Laurent Lessard, avait déjà mandaté, dans une loi déposée en 2005, la Commission de la construction du Québec pour créer un système indépendant de placement des travailleurs (le lien est un sommaire de la loi qui a été adoptée contre l'intimidation sur les chantiers de construction, dans le sillon du scandale de la Gaspesia). Dans le projet de loi, il y était écrit: Afin de diversifier l’offre de main-d’oeuvre, le ministre confie à la CCQ le mandat de proposer, d’ici la fin de l’automne 2006, des mesures visant à encadrer le placement syndical ainsi que de proposer un système de référence de maind’oeuvre et une stratégie d’implantation qui permettraient la mise en relation directe des travailleurs et des employeurs de l’industrie de la construction. Tout ça parce que la Commission d'enquête sur le dérapage de la Gaspesia avait clairement démontré que le système toléré dans lequel ce sont les syndicats qui s'occupent du placement était toujours autant empreint de conflits d'intérêts qu'au temps de la Commission Cliche. Qu'est-il arrivé? La Commission a bel et bien élaboré un tel système indépendant. Puis, un certain jour de mars 2007, les gros bras de la FTQ sont débarqués dans tous les bureaux régionaux de la CCQ. La FTQ-construction, et un certain Jocelyn Dupuis, n'étaient pas peu fiers de leur coup de force. Le lendemain, il n'y avait plus de système indépendant. Le bon vieux temps pouvait continuer de rouler. Voici un extrait d'une dépêche de la Presse Canadienne à l'époque: Une entente a été conclue mercredi entre la FTQ-Construction et la Commission de la construction du Québec (CCQ). La direction de la Commission s'est engagée à revoir et à réécrire son projet de système de référence de la main-d'oeuvre et à le soumettre au conseil d'administration. Ce qui est bizarre dans toute cette histoire de référence et de placement, c'est que, nulle part dans la loi régissant le monde de la construction, il n'est écrit que ce sont les syndicats qui offrent le service. Le règlement est même très clair, c'est le job de la CCQ. Cependant, le gouvernement préfère laisser ce boulot aux syndicats, même si les conflits d'intérêts et les problèmes éthiques d'une telle présence sont gros comme les bras d'un délégué du local 791... 12 Mars 2010Le Québec champion de l'emploi au Canada
Je sais, il y a belle lurette déjà que les économistes ont trompetté que la récession était terminée. Mais pour le reste des ours, c'est-à-dire vous et moi, la récession ne prend fin que lorsque la majorité des gens ayant perdu leur emploi l'on retrouvé.
Et en février dernier, les chiffres de l'emploi ont ressemblé pas mal à ceux d'octobre 2008, au moment où ils ont atteint des sommets, avant de couler à pic au fond du lac avec la récession. Selon les données sur l'emploi en février divulguées ce matin par Statistique Canada, tant pour le Canada que pour le Québec (surtout le Québec, devrais-je dire), la croissance de l'emploi, notamment l'emploi à temps plein, a été telle ces derniers mois qu'on peut affirmer maintenant que la situation du marché du travail a retrouvé une santé qui ne ressemble en rien à des temps difficiles. Voyez: Emplois (total) Canada Février 2010: 16 945 000 Octobre 2008: 17 215 000 Perte: -1,0 % Québec: Février 2010: 3 873 000 Octobre 2008: 3 891 000 Perte: -0,4 % Ontario: Février 2010: 6 565 000 Ocobre 2008: 6 732 000 Perte: -2,5 % Prairies: Février 2010: 3 108 000 Octobre 2008: 3 165 000 Perte: -1,8 % Colombie-Britannique: Février 2010: 2 290 000 Octobre 2008: 2 311 000 Perte: -0,9 % Emplois à temps plein Canada: Février 2010: 13 739 000 Octobre 2008: 14 024 000 Perte: -2,0% Québec: Février 2010: 3 138 000 Octobre 2009: 3 142 000 Perte: -0,1 % Ontario: Février 2010: 5 324 000 Octobre 2008: 5 474 000 Perte: -1,7 % Prairies: Février 2010: 2 551 000 Octobre 2008: 2 627 000 Perte: -2,9% Colombie-Britannique: Février 2010: 1 801 000 Octobre 2008: 1 855 000 Perte: -2,9% On peut donc désormais tracer le portrait de cette récession, et de toutes les régions du Canada, c'est le Québec qui en est le mieux sorti. La résilience de l'économie québécoise face à cette mauvaise période est tout à fait remarquable. Même la Colombie-Britannique, qui a pourtant profité tout au long de ces 16 mois d'investissements olympiques considérables, une manne presque intarissable notamment en provenance d'Ottawa, n'a pu suivre le rythme québécois. Les chiffres cités ci-haut le démontre. En Alberta, la situation continue tellement de se détériorer (15 000 emplois de perdus pour le seul mois de février dernier) que le gouvernement provincial n'a rien trouvé de mieux que d'offrir des congés de redevances aux pétrolières afin de les inciter à investir dans la province. Un cadeau de 363 millions $ des contribuables de cette province à leurs (très) chères pétrolières. Ce qui ajoutera au déficit budgétaire record de 4,7 milliards de dollars. Par taille de l'économie, c'est 50% plus élevé que celui du Québec. 11 Mars 2010Le nouveau Magazine Jobboom est arrivé![]() Ça y est: il est au monde! Je parle du nouveau Magazine Jobboom, fermé en février pour rénovation majeure. Après des mois de grands travaux, cette version du Magazine Jobboom est la plus achevée à ce jour. Une sorte de cadeau d'anniversaire pour ses 10 ans, qu'on offre à nos 400 000 lecteurs. D'abord, le format: un peu plus petit que dans l'ancienne version, il sera plus facile à manipuler. Mais surtout, il est désormais couché sur papier glacé. Jamais notre mise en page, nos photos et notre information visuelle n'auront eu si fière allure et autant de prestige. Peut-être plus petit, mais avec plus contenu par édition, puisque le nombre de pages à chacune de ses parutions sera plus élevé que dans l'ancienne version. Déjà, pour ce numéro inaugural, il contient 76 pages. Ça ne sera pas toujours autant, mais disons qu'avec les changements apportés, on se donne plus de chances pour vous offrir plus contenu à chaque numéro. Ce qui nous a permis de revoir de fonds en comble le style graphique. Épuré, élagué de fioritures inutiles, notre graphisme laisse désormais toute la place à l'information. Ce qui rend sa consultation nettement plus agréable. Même les publicités apparaissent plus belles! Aussi, nous vous offrons de nouvelles rubriques: - Le manuel de l'employé, une sorte de guide sur tous les aspects de la vie au travail, rempli de conseils, du genre, comment donner une poignée de main (ça a l'air ridicule comme ça, mais c'est nettement plus scientifique que vous le croyez!), ou bien, quels sont vos droits pour les prestations d'assurance-emploi, ou encore les règles non écrites relatives à la photocopieuse! - Pause toujours, notre section week-end avec des suggestions de lectures, de jeux, de sorties, de cuisine, de musique et de voyages. - Une nouvelle chronique, Affaires intérieures, de notre rédactrice en chef adjointe Christine Lanthier, sur le bien-être au travail. Christine a déjà blogué dans le Jobboomblog, allez-y voir pour vous donner une idée de la qualité de sa plume. Notre site web a également été tout revampé. Pour vous faire une confidence, disons que ça ne fait pas de tort... Pour mes fans, je chronique toujours, mais désormais en début de magazine. Notre ancienne rédactrice en chef at large, Anncik Poitras, continue également de tenir chronique. De plus, nous offrons toujours de l'information internationale, avec des reportages réalisés sur le terrain. Ce mois-ci, notre correspondante en Californie dresse un portrait inquiétant de l'industrie agroalimentaire de l'Ouest américain. Pour cette première édition après la transformation la plus extrême de son histoire, le Magazine Jobboom prend le pari de soulever quelques passions dans les cercles de l'éducation en célébrant le succès des autodidactes, ces drôles de moineaux qui réussissent spectaculairement sans aucun diplôme en poche! Avec les portraits exclusifs de l'ancienne présidente de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, Isabelle Hudon, du vidéaste Patrick Boivin, de l’inventeur François Delaney, et de l'écrivain anglo-québécois Trevor Ferguson. Preuve qu'il y a une vie, même pour les décrocheurs. Fin de l'auto-promo, de retour à la programmation régulière. 10 Mars 2010Construction: rien à comprendre (MAJ)
Dans l'ombre des nouvelles révélations de l'émission d'affaires publiques Enquête publique sur la construction (ou juste Enquête...) de Radio-Canada qui seront diffusées intégralement ce soir, le reportage de Paul Larocque de TVA sur le numéro 2 de la FTQ-Construction dont l'entreprise a maille à partir avec la Régie du bâtiment soulève des questions.
Ce qui me met plein de points d'interrogation dans les yeux ce matin, ce n'est pas que l'entreprise appartenant à Alain Pigeon soit soumise à une enquête de la Régie du bâtiment. Mais plutôt que le numéro 2 du plus gros syndicat de la construction au Québec soit un entrepreneur dans le monde de l'immobilier. Un businessman. Un businessman syndicaliste. Selon les Registraire des entreprises du Québec, Gestion immobilièere P.O.P se spécialise dans le développement immobilier. Et il y a une demande de dissolution de la compagnie présentement en cours. Faudrait qu'on m'explique. J'ai comme manqué un épisode, je crois. L'autre truc que je ne comprends toujours pas, et ce que révèle à nouveau l'enquête radio-canadienne, et également les reportages de TVA Sept-Iles, c'est que ce sont les syndicats qui décident qui travaillent pour qui et où. Un phénomène connu depuis longtemps, bien documenté notamment par l'enquête publique sur la Gaspesia, mais qui semble persister comme une vieille tache. Alors, je demande aux gens impliqués dans les syndicats de la construction, de m'expliquer: des syndicats qui embauchent et débauchent sur les chantiers, des entrepreneurs en construction qui dirigent des syndicats, et des présidents de centrales syndicales qui fraient dans leur temps de loisirs avec les plus gros employeurs en construction, qu'il s'agisse de voyages de pêche ou dans les îles tropicales. Pourquoi je ne comprends rien? En annexe: les premiers mots d'Alain Pigeon à la FTQ-Construction. J'en cite un extrait: «Pour les prochains mois, il faudra tout mettre en œuvre pour permettre à nos travailleurs et à nos travailleuses de gagner leur vie décemment afin qu’ils puissent traverser cette crise dans les meilleures conditions possibles. Protéger leurs emplois et leurs conditions de travail, c’est ça notre priorité!» Dans le contexte, ça prend une drôle de saveur... Ah! Oui! aussi, notre homme s'oppose à l'entrée des jeunes recrues dans la construction: «Pas question d’ouvrir les bassins de main-d’œuvre alors que plusieurs travailleurs n’ont même plus d’heures accumulées pour avoir droit au chômage!» Aussi, la FTQ dément les informations de Paul Larocque. À vous d'apprécier la justesse de la défense. La FTQ suggère qu'il s'agit de plaintes frivoles. Pourtant, la Régie du bâtiment les a considérées suffisamment sérieuses pour les judiciariser. AJOUT: Je ne suis pas le seul à considérer contre nature le placement des travailleurs par les syndicats. Claudette Carbonneau aussi, de même que l'ancien ministre du Travail, Jean Cournoyer. Allô, M. le ministre? |
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